Pour une nouvelle cosmologie

Notre rapport à la nature est organisé par un système de valeurs qui prend ses fondements dans les religions judéos-chrétiennes. Celles-ci placent l’humain parfait au centre d’une nature imparfaite, impliquant alors une relation de sujet-objet.

Les réflexions écoféministes nous mènent aujourd’hui à repenser les fondements de nos relations à la nature, en développant des spiritualités alternatives.

Si nous reconnaissons que la croyance a souvent été utilisée dans un but de manipulation, alors nous reconnaissons du même coup l’incroyable capacité de celle-ci à modifier nos perceptions le réel. Cette capacité, celle de croire et de faire advenir cette croyance, peut-être retournée et prise dans sa dimension émancipatrice: nous pouvons décider de croire ce que nous souhaitons et dès lors, faire advenir cette nouvelle relation au monde. Par exemple, une relation dans laquelle la nature n’est plus considérée comme objet.

Ainsi, il nous est possible de déployer une constellation de croyances, toutes différentes, et pour autant toutes effectives. Le Club de Bridge tente ainsi, à son échelle et sans entrer dans le prosélytisme, de créer de nouvelles idoles. Des représentations autotéliques, qui détiennent leur propre fin et qui voguent  dans le monde sans attaches. Des images dont la diffusion proposent de nouvelles cosmologies, de nouveaux mythes, sans jamais contraindre qui que se soit à entrer dans la danse.

 

L’idole

Linogravure réalisée en 25 exemplaires (15×20 cm)

15 euros – Disponible le 1er décembre 8h.
Commande par email: contact@clubdebridge.fr

Les vies-ctimes collatérales du système carcéral

Représenter la prison et celleux qui la vive. Donner matière à des vécus relégués aux marges. Les vécus de celleux qui, mêmes coupables d’aucun crime, vivent piégé.es dans les logiques carcérales.

Merci au Génépi Belgique @genepi_belgique d’avoir invité le Club de Bridge a illustrer des témoignages de proches de prisonnier.es. Ici, celui d’une femme faisant 5h de bus plusieurs fois par semaine pour pouvoir échanger quelques mots avec la personne qu’elle aime. Merci à vous de nous permettre de (re)considérer ses vies-ctimes d’un système désuet. De prendre le temps de s’arrêter sur des vies ignorées. Tout cela bientôt dans les pages du journal @labreche__ dispo dans les bonnes libraires de Bruxelles.

L’art contre la matière

L’intuition artistique est une fièvre vague. Elle pousse sous la conscience pour s’extérioriser et être transmise à d’autres. Les formes sont des tentatives et des échecs, des crachats que l’artiste jette au sol. Ce sont les témoins d’un art refusant de prendre corps dans la matière, trop imparfaite.

Cette création s’inspire des écrits d’Alexander Cozens, A new method of Landscape, de Benedetto Croce, Bréviaire d’esthétique et Luigi Pareyson, Esthétique: Théorie de la formativité. Le crachat quant à lui, est un clin d’oeil à Georges Bataille.

Un bad trip pour comprendre Nietzsche

Un bad trip pour comprendre Nietzsche

L’autre jour, j’ai fait un bad trip seul dans mon lit.

J’étais apaisé en premier lieu, puis j’ai soudain été le réceptacle de violentes sensations, et de pensées d’intensités nouvelles.
Ni mon corps ni mon esprit n’avaient d’historiques. Tout venait et repartait aussitôt, tissant dans l’espace de mon être la dimension du chaos. J’étais devenu insaisissable à moi-même.

Tout s’effondrait. Mon corps se disloquait, mon lit, puis ma chambre.
Les structures de mon identité, de mes goûts, de mes relations aux autres et à la nature étaient dénudées et laissaient percevoir l’illusion de leurs fondements.
Ces structures étaient un château de cartes que j’avais toujours maintenu artificiellement debout.
Ce château lui aussi, s’est effondré, laissant place au chaos le plus vertigineux. Une peur blanche s’est emparée de moi.

Mes pensées, toujours aussi fuyantes, semblaient pourtant me rendre omniscient : le monde, défait de ses illusions, dressait sa confusion dans la plus grande clarté.
Une clarté terrifiante, car éclairant des éléments jusqu’alors restés dans l’ombre. Je connaissais enfin le réel et souhaitais au plus vite en sortir…
Retourner à mon système de croyances que j’avais mis tant de force à ériger.

Et puis… Je suis sorti du chaos.
Le lendemain matin, j’ai relu Nietzsche. Je pense l’avoir mieux compris. Tant dans ses mots que dans son existence. Cette existence, qu’il a terminé fou, comme foudroyé à jamais par la clarté d’un réel chaotique, comme effondré d’être le seul à désormais y vivre.

J’ai compris que la peur vertigineuse que j’avais connue détenait sa pureté dans le savoir sur lequel elle faisait jour.
La peur, comme outil de la connaissance contre le confort de l’illusion et des croyances.

Ce que je veux vous dire : ne prenons pas de drogue, mais apprenons de Nietzsche que le savoir est inaccessible tant qu’il se cache sous un épais vernis de croyances.
Et que si nous ne tolérons pas le chaos, alors essayons de savoir au moins une chose : que nous ne saurons rien du reste.

 

 

Réalisation pour @Diversificationlitteraire

Merci beaucoup, encore une fois, à Paul Pichot pour avoir su donner de la voix à ce texte, et avoir eu l’idée de créer une ambiance sonore. Encore une fois, le Club de Bridge lui est grandement redevable !