Un bad trip pour comprendre Nietzsche

Un bad trip pour comprendre Nietzsche

L’autre jour, j’ai fait un bad trip seul dans mon lit.

J’étais apaisé en premier lieu, puis j’ai soudain été le réceptacle de violentes sensations, et de pensées d’intensités nouvelles.
Ni mon corps ni mon esprit n’avaient d’historiques. Tout venait et repartait aussitôt, tissant dans l’espace de mon être la dimension du chaos. J’étais devenu insaisissable à moi-même.

Tout s’effondrait. Mon corps se disloquait, mon lit, puis ma chambre.
Les structures de mon identité, de mes goûts, de mes relations aux autres et à la nature étaient dénudées et laissaient percevoir l’illusion de leurs fondements.
Ces structures étaient un château de cartes que j’avais toujours maintenu artificiellement debout.
Ce château lui aussi, s’est effondré, laissant place au chaos le plus vertigineux. Une peur blanche s’est emparée de moi.

Mes pensées, toujours aussi fuyantes, semblaient pourtant me rendre omniscient : le monde, défait de ses illusions, dressait sa confusion dans la plus grande clarté.
Une clarté terrifiante, car éclairant des éléments jusqu’alors restés dans l’ombre. Je connaissais enfin le réel et souhaitais au plus vite en sortir…
Retourner à mon système de croyances que j’avais mis tant de force à ériger.

Et puis… Je suis sorti du chaos.
Le lendemain matin, j’ai relu Nietzsche. Je pense l’avoir mieux compris. Tant dans ses mots que dans son existence. Cette existence, qu’il a terminé fou, comme foudroyé à jamais par la clarté d’un réel chaotique, comme effondré d’être le seul à désormais y vivre.

J’ai compris que la peur vertigineuse que j’avais connue détenait sa pureté dans le savoir sur lequel elle faisait jour.
La peur, comme outil de la connaissance contre le confort de l’illusion et des croyances.

Ce que je veux vous dire : ne prenons pas de drogue, mais apprenons de Nietzsche que le savoir est inaccessible tant qu’il se cache sous un épais vernis de croyances.
Et que si nous ne tolérons pas le chaos, alors essayons de savoir au moins une chose : que nous ne saurons rien du reste.

 

 

Réalisation pour @Diversificationlitteraire

Merci beaucoup, encore une fois, à Paul Pichot pour avoir su donner de la voix à ce texte, et avoir eu l’idée de créer une ambiance sonore. Encore une fois, le Club de Bridge lui est grandement redevable !

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